Mali : Elections législatives malgré les violences et le coronavirus

Walaa Al-Assrah Lundi 30 Mars 2020-21:25:40 Actualités Internationales
 Le candidat Amadou Koné montre un document de vote, le 23 mars 2020 à Bamako, lors de sa campagne électorale
Le candidat Amadou Koné montre un document de vote, le 23 mars 2020 à Bamako, lors de sa campagne électorale

Les Maliens étaient appelés à élire leurs députés hier dimanche lors de législatives à fort enjeu, malgré la persistance des violences, la propagation du coronavirus, qui a fait samedi sa première victime, et l’enlèvement du chef de l’opposition, “vraisemblablement” par une branche d’Al-Qaïda, indique l’AFP.

Les électeurs doivent renouveler les 147 sièges du Parlement en deux tours, dimanche et le 19 avril.

Les bureaux de vote ouvraient en principe de 08H00 à 18H00 GMT. Un des enjeux est tout simplement que le scrutin puisse se tenir partout, alors qu’une large partie du territoire est en proie à des violences quasi quotidiennes.

Les quelque 200.000 déplacés que compte le pays ne pourront en tout cas pas voter, car “aucun dispositif n’a été établi”, selon un responsable du ministère de l’Administration territoriale, Amini Belko Maïga.

Le mandat de l’assemblée issue des élections de 2013, qui avaient octroyé une majorité substantielle au président Ibrahim Boubacar Keïta, était censé s’achever fin 2018.

Mais les élections ont été repoussées à différentes reprises en raison de la dégradation de la sécurité et des querelles politiques. Les attaques jihadistes, les violences intercommunautaires, le brigandage et les trafics continuent, malgré la présence de forces françaises, régionales et de l’ONU.

Le leader de l’opposition, Soumaïla Cissé, a été enlevé ces derniers jours par des inconnus armés alors qu’il faisait campagne dans son fief électoral de Niafounké, près de Tombouctou (nord).

Il est “vraisemblablement” aux mains de jihadistes se revendiquant du prédicateur peul Amadou Koufa, qui dirige l’une des branches de la principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda, selon un élu du centre du pays et une source sécuritaire.

M. Cissé, 70 ans, et les six membres de sa délégation enlevés en même temps que lui “ont probablement changé de zone et sont loin du lieu du rapt”, selon la source sécuritaire.

Un des rares pays d’Afrique épargné jusqu’à mercredi par le coronavirus, le Mali a enregistré samedi son premier décès lié au Covid-19, sur 18 cas officiellement recensés.

 

 

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